Carquois et accessoires de sarbacane Matis


Vallée de Javari, Mato Grosso, Brésil

 

XXe siècle

Bambou, roseau, corde, coton, feuille de palmier, os

Don des Amis du musée, 2013

Inv. 2013.8.1



Carquois et accessoires de sarbacane Matis au Musée de l'archerie et du Valois

Cet ensemble original a été fabriqué par un ou plusieurs membres de la tribu Matis vivant dans la vallée de Javari au Brésil. Il contient tous les accessoires utiles pour la chasse à la sarbacane. Le carquois, réalisé dans un tube de bambou, contient des pointes empoisonnées au curare. Un lien en tissu permet de le porter en bandoulière. Directement fixée sur le corps du carquois, une mâchoire d’agouti (gros rongeur) sert à affûter les pointes afin qu’elles demeurent blessantes. Des ligatures naturelles fixent les deux bourses en fibres végétales contenant la bourre de coton utilisée pour protéger la bouche d’un retour de flèches lors du tir. Un petit bol en bois, précautionneusement recouvert de feuilles, est également suspendu au carquois par une cordelette. Il contient le curare dont le chasseur imprègne ses flèches. Ce dernier y trempe seulement ses pointes afin de ne pas être en contact direct avec le poison. Ce système permet ainsi de transporter le produit sans risque tout en le maintenant à portée de main. Ce type de matériel, très caractéristique de la culture amazonienne, a longtemps nourri l’imaginaire européen. 

 

La sarbacane est surtout utilisée pour la chasse aux singes, que ce soit les singes araignées (singe noir), les singes laineux, les singes titi sombres ou les singes saki.

 

Les fléchettes à sarbacane servent également aux chamanes dont le pouvoir passe par une substance nommée « sho ». Celle-ci présente des aspects positifs et négatifs et peut par exemple être utilisée lors de rituels pour faire du mal à un ennemi via ces projectiles (pour diffuser des maladies par exemple). 

 

Les Matis

 

Les Matis sont un peuple d’Amazonie dont les premiers contacts avec les Occidentaux ont eu lieu dans les années 1970. Ils étaient alors 390 individus, nommés « hommes jaguar » à cause de leurs nombreux ornements de visage. Cette « rencontre » occasionna un fort déclin démographique où plus de la moitié de la population décéda des suites des épidémies importées par les Occidentaux. Actuellement, bien qu’ils utilisent des produits manufacturés importés, ils restent attachés à leurs croyances traditionnelles et à leurs rituels. Si la chasse reste l’activité la plus valorisée, l’agriculture assure néanmoins la part essentielle de leur subsistance. La population matis actuelle est d’environ 250 individus.