Anneaux de pouce chinois


Chine

 

Fin du XVIIIe siècle

Jade, os, cuivre

Don des Amis du musée, 2001

Inv. 2001.1.6 à 069



Utilisés en Orient à toutes les époques, ces anneaux étaient de formes variées. Simples cylindres en Chine et en Mongolie, ces bagues ornées pouvaient être munies d’une excroissance recouvrant la pulpe du doigt. Ils protégeaient le pouce de l’archer du frottement de la corde lors du tir. 

 

En Europe, historiquement, les archers pratiquaient la préhension méditerranéenne, c’est-à-dire qu’ils saisissaient la corde de leur arc avec l’index et le majeur. Les archers orientaux, quant à eux, munis d’arcs composites plus courts et plus puissants, avaient recourt à la technique de préhension mongole, c’est à dire qu’ils usaient de toute la force de leur pouce pour saisir leur corde. L’armement se faisait alors uniquement avec le pouce replié et verrouillé par l’index. Cette technique de tir – à l’inverse de la préhension méditerranéenne – nécessite de posséder un arc sans repose-flèche. Elle requiert un long apprentissage pour être maîtrisée, mais est jugée supérieure à la décoche méditerranéenne. 

 

Les anneaux de pouce pour être fonctionnels devaient être façonnés dans des matériaux résistants comme l’os, le bronze ou le cuivre. Les modèles les plus précieux, en jade et en argent, souvent ornés de motifs décoratifs, étaient quant à eux des objets de parade. Lorsqu'un dignitaire portait une telle bague, il s’inscrivait dans une prestigieuse lignée de guerriers. 

 

L’anneau de pouce n’est pas le seul accessoire destiné à protéger les doigts du tireur. Au Japon, les archers de Kyudo utilisent un gant de cuir à trois ou quatre doigts, nommé kake, tandis que les sportifs occidentaux se servent de palettes, de gantelets ou de décocheurs.