L'arbalète à moufle


Reconstitution réalisée par Robert Roth

 

XIXe siècle

Bois et métal

Don de R. Roth, 1996

Inv. 1996.11.212



À partir du IXe siècle l’arbalète connut en Europe un rôle militaire important, bien que nous sachions qu’elle était déjà utilisée dès l’époque romaine. Au Moyen Âge, sa réputation grandit lors des batailles menées au Moyen-Orient durant les Croisades. Sa redoutable efficacité fit qu’on la surnomma très tôt « l’arme du diable ». En 1139, lors du Concile de Latran, le pape prononça l’interdiction de son utilisation entre Chrétiens, sous peine d’excommunication. 

 

L'arbalète à moufle est ainsi dénommée parce qu'une sorte de capuchon en forme de tour vient coiffer le sommet de l'arbalète, tandis que deux crochets saisissent la corde de l'arc. On voit apparaître ce système dans les peintures vers 1425. L'arbalétrier maintient l'arbalète au sol au moyen de son pied passé dans l'étrier et actionne deux manivelles, qui par une traction de poulies, tendent la corde. 

 

L'arbalète à moufle est considérée comme la plus puissante des arbalètes. On l’utilisa longtemps pour mettre les armures à l'épreuve. Jusqu'au XVIe siècle, les armures ainsi éprouvées étaient cataloguées « à toute épreuve », tandis que celles éprouvées à l'arbalète à croc ou à l'arc, étaient dites de « demi-épreuve ». 

 

Le carreau 

 

Le carreau est le type de projectile le plus connu utilisé avec une arbalète, dont le fer pyramidal à quatre pans possède une base carrée. Plus court (environ 30 cm) que la flèche et également plus lourd, il a un empennage réduit, fait de cuir ou de parchemin.

 

Arcs et arbalètes 

 

Bien que les deux soient des armes de trait, l’arc et l’arbalète présentent de réelles différences : le premier est plus rapide, la seconde plus puissante. Ainsi, il est reconnu qu’un bon archer du Moyen Âge pouvait décocher une douzaine de flèches dans le temps nécessaire à l’armement d’une arbalète. Les arbalétriers, quant à eux, pouvaient grâce au carreau traverser une armure de chevalier quand une flèche ne faisait que l’effleurer. 

 

Remonter le mécanisme d’une arbalète (tout comme bander un arc) nécessite une grande force physique. C’est pourquoi, au fur et à mesure que les arbalètes gagnaient en taille, des systèmes furent inventés afin de soulager le tireur et, ainsi, gagner en rapidité.