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L’éducation de la Vierge

L'éducation de la Vierge, vue générale

L’éducation de la Vierge par sainte Anne

XVIe siècle

Bois

Dépôt de la commune de Crépy-en-Valois, église Saint-Denis

Inv. CREPY10

 

Ce groupe sculpté en bois représente L’éducation de la Vierge par sainte Anne. Daté du XVIe siècle, il était autrefois installé dans l’église Saint-Denis de Crépy-en-Valois avant d’être déposé au Musée de l’archerie et du Valois. Il est classé au titre des Monuments historiques depuis le 3 novembre 1966.

Le groupe est constitué de deux personnages féminins : sainte Anne et sa fille la Vierge Marie.

Sainte Anne porte une robe recouverte d’un manteau et d’un capuchon qui cache ses cheveux. La robe est ceinturée à la taille avec le nœud visible sur le ventre. Elle tient un pan du manteau avec sa main gauche et montre le livre que tient sa fille de la main droite. La Vierge est représentée enfant. Elle porte trois jupes et jupons superposés lui arrivant aux pieds, sous les genoux et à mi-cuisse. Les manches de la dernière sont courtes et le col est évasé, laissant voir la robe du dessous. Ses cheveux apparents tombent dans son dos et sont retenus par un foulard. Elle tient un livre avec ses deux mains. Ce dernier, dont les pages sont marquées sur le côté, est tourné vers le spectateur. Les deux personnages ont la tête baissée et regardent le livre.

Cette sculpture représente sainte Anne apprenant à lire à la Vierge enfant. Anne n’est pas mentionnée dans les Évangiles canoniques mais apparaît dans les Évangiles apocryphes. Elle est citée une première fois dans le protévangile de Jacques datant de la seconde moitié du IIe siècle, puis plus longuement dans l’Évangile du Pseudo-Matthieu incertainement daté entre le VIIe et le VIIIe siècle.

Anne et Joachim sont mariés depuis vingt ans mais n’ont jamais eu d’enfant. Joachim va au temple pour offrir un sacrifice et se voit refuser l’entrée du fait de sa stérilité. Offensé, il part seul prier dans le désert de Judée pendant qu’Anne, laissée seule au foyer, fait de même. Un ange leur apparaît à tous deux et leur apprend qu’ils vont bientôt devenir parents. Les époux se rejoignent et neuf mois plus tard, Marie naît. Dès ses trois ans, elle est emmenée au Temple auquel elle était promise.

L’histoire de la naissance de Marie est très proche du début du premier livre de Samuel, dans l’Ancien Testament, où sa mère Anne, longtemps stérile, pria Dieu de lui accorder un enfant. Elle fut exaucée en donnant naissance à Samuel, qu’elle confia au Temple à ses trois ans.

Les représentations de l’éducation de la Vierge apparaissent dès le Moyen Âge mais se répandent surtout à partir du XVIe siècle, en particulier à partir du Concile de Trente (1545-1563) où le culte de la Vierge Marie se développe.

L’ayant confiée au Temple très jeune, sainte Anne n’a donc pas pris en charge elle-même l’éducation de sa fille. Il faut donc plutôt voir dans cette scène une volonté populaire de mettre en évidence le rôle de la lignée maternelle de Jésus dans son éducation humaine.

L’idée apparaît dès le Moyen Âge tardif que la conception de Marie serait « sans tache ». C’est-à-dire, qu’à la différence des autres hommes marqué par le péché originel depuis Adam et Ève, elle aurait été préservée par Dieu dès sa conception et aurait donc une âme pure et sans péché. Cette Immaculée Conception est érigée en dogme le 8 décembre 1854 par la constitution apostolique Ineffabilis Deus du pape Pie IX.

 

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