Scène de l’Énéide

Scène de l’Enéide
1549 ?
Papier vergé
Fonds ancien
Inv. SN25
Cette gravure sur bois est la troisième que le musée possède et qui conte un épisode de l’Énéide, ce récit de la fondation de Rome par Énée et écrit par Virgile (70-19 av. J.-C.). Le héros grec y est représenté depuis sa fuite de la guerre de Troie jusqu’à la fondation de Rome.
Cette gravure décrit une scène appartenant au chant 11 où nous retrouvons Turnus, l’adversaire d’Énée que nous avions déjà rencontré dans les deux gravures précédentes. Ici il est allié avec Camille, la reine des Volsques. Ensemble, ils décident d’attaquer des troupes troyennes sur deux fronts. Camille et plusieurs escadrons de troupes légères sont chargés d’arrêter les cavaliers troyens pendant que Turnus surprendra Énée et son infanterie sur un terrain propice aux embuscades.
La scène est située géographiquement en haut à gauche de la gravure. On peut y voir une ville fortifiée et peuplée de bâtiments très hauts. Un phylactère permet d’identifier la ville de Laurentum. Aujourd’hui disparue, elle était située au sud d’Ostie, le port de Rome. Les Troyens s’y seraient installés après avoir débarqués dans le Latium. Laurentum était dirigé par Latinus. Ce dernier voulait donner sa fille Lavinia comme épouse à Énée, bien que cette dernière fût déjà promise à Turnus, roi des Rutules.
Dans la scène, les deux fronts sont représentés. Au premier plan nous voyons Camille, identifiable grâce à son phylactère, qui montée sur un cheval reçoit une lance dans la poitrine. En effet, attirée par l’éclat des armes et des vêtements d’un prêtre troyen nommé Chlorée, Camille est obsédée par l’idée de s’en emparer. Arruns, un compagnon d’Énée s’en aperçoit et en profite pour lui décocher une lance mortelle. Nous le retrouvons sur la droite de Camille identifié lui aussi grâce à son phylactère. Il est également sur le point de mourir d’une flèche reçue en pleine poitrine. Celle-ci a été lancé par Opis, que nous retrouvons en haut, au centre. Il s’agit de la femme nue aux cheveux longs tenant un arc et émergeant d’une nuée formant un ovale dans le ciel. Opis est une néréide appelée par Diane pour venger la mort de Camille. Les deux épisodes représentés concomitamment ont lieu l’un après l’autre dans le texte.
Pendant ce temps, au deuxième plan derrière Camille, Énée et Ascagne, son fils, sont tous les deux montés sur deux chevaux et armés de leurs épées : ils guerroient contre trois personnages à pied portant des hallebardes. Eux aussi sont nommés sur des phylactères. Comme les deux autres gravures appartenant à la série autour de l’Énéide, cette œuvre fait cohabiter plusieurs étapes d’un même récit, selon un procédé narratif et illustratif courant au Moyen Âge.
Derrière Arruns, arrivant entre deux promontoires rocheux, on peut identifier Turnus, toujours grâce au phylactère. Avec son armée de cavaliers, ils déferlent toutes lances en avant sur les scènes que nous venons de décrire. Une oriflamme flotte au-dessus d’eux.
Cette gravure, proche de celle présentée le mois dernier et représentant le siège de Troie, n’est pas identifiée et nous ne connaissons malheureusement pas l’ouvrage qu’elle illustrait.
Texte majeur, L’Énéide est une épopée universelle qui constitue un répertoire de modèles et une source d’inspiration majeure pour nombre d’artistes, depuis l’Antiquité et encore de nos jours.
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