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L’arc Andaman

Arc andaman, vue générale

Arc Andaman

Iles Andaman,

Datation inconnue

Bois

Dépôt de Roger Scart, 1953

Inv. D1953.3.25

 

Cet arc est un dépôt de Roger Scart, fondateur du musée, datant de 1953. Sa forme très particulière est caractéristique des arcs andamans. Plus précisément, il peut être relié aux Grands Andamanais, seul peuple de l’archipel à ne pas décorer ses arcs.

Les îles Andaman sont situées à l’ouest du Golfe du Bengale et à l’est de la mer d’Andaman. Cet archipel est constitué de 204 îles, dont seulement 38 sont habitées. Connues dès le voyage de Marco Polo, elles abritent des populations associées aux Négritos nommés les Andamanais. D’après les études sur l’ADN, ils semblent être actuellement la population humaine la plus isolée génétiquement.

Cinq ethnies y ont été recensées : Grand Andamanais, Jarawa, Onge, Jangil et Sentinelles. Parmi elles, les Grands Andamanais formaient à l’origine 10 tribus distinctes qui peuplaient le nord de l’archipel. Ce peuple autochtone a beaucoup souffert de la colonisation. En effet, à l’arrivée des Britanniques il y a 150 ans, ils étaient au nombre de 5 000. Ils sont aujourd’hui 52 et sont considérés comme le plus petit peuple du monde au regard de leur population.

Ils pratiquent la chasse et la pêche à l’arc. Celui-ci a une forme de S avec des branches très larges ressemblant à une pagaie. En effet, longues d’en moyenne 1 mètre 60, les branches font au plus large entre 6,5 et 7cm et se rétrécissent aux extrémités. Au centre, une poignée beaucoup plus épaisse et plus étroite (1,5 cm), permet une meilleure préhension.
La forme de S est obtenue dès la fabrication. L’arc est bandé à l’envers et chauffé par le feu en plaçant la branche inférieure au-dessus du foyer. Ce traitement entraîne un durcissement du bois qui permet d’obtenir cette forme recourbée spécifique.

Ces arcs sont fabriqués en bois chooi, que l’on trouve sur le pourtour de l’océan Indien mais qui ne pousse pas sur le territoire andamanais. Ils vont donc jusqu’à l’île de Baratang pour en trouver.
La corde est laissée en tension opposée jusqu’à l’utilisation de l’arc par le chasseur, qui la retourne. Après usage, celle-ci est à nouveau retournée et reste en tension opposée. La corde est en fibre d’anadendron, une liane d’Asie tropicale très répandue. Plusieurs brins sont entourés par un autre brin en spirale.

Les flèches sont constituées de 3 parties, qu’elles soient utilisées pour la pêche ou pour la chasse. Toujours sans empennage, un avant-fût est inséré dans le fût de la flèche, souvent accompagné d’une ligature. Les pointes de pêche sont en métal et ont des barbelures. Sur les flèches de chasse, le fût et l’avant-fût sont reliés par une corde et la pointe est également munie de barbelures. Grâce à celles-ci, au moment du tir et de la chasse (souvent au cochon), la pointe reste fichée dans le corps de l’animal. Le fût et l’avant-fût se détachent l’un de l’autre, toujours reliés par la corde. L’animal traîne alors les deux morceaux, qui s’emmêlent à la végétation et limitent ses déplacements.

Bien que la portée des flèches puisse aller jusqu’à 50 mètres, celles prévues pour la chasse au cochon ne sont véritablement efficaces que jusqu’à une quinzaine de mètres.
Le mode de vie semi-nomade des Grands Adamanais, tout comme celui des autres peuples andamanais, est menacé par la colonisation. Leur population décroît considérablement : des 5 ethnies recensées au début du XXe siècle, les Onges ne sont plus que 99, les Jarawa 270, les Grands Adamanais 52 et les Jangils ont disparu depuis 1907. Pour les Sentinelles, la population est difficile à estimer car ils refusent le contact. Ils vivent sur l’île de North Sentinel et depuis 1996, il est interdit de s’y rendre. Ils constituent l’un des derniers peuples isolés de notre monde contemporain.

 

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