Héraklès archer d’Antoine Bourdelle
France
Oeuvre originale de 1909, tirage en résine de 1992
Magnésium, bois, fibre de verre, corde, métal
Don des Amis du musée, 1992
Inv. SNS7
Cette sculpture est un moulage en résine d’une étude de l’Héraklès archer d’Antoine Bourdelle (1861-1929), réalisé par l’atelier Bourdelle reproductions.
Héraklès est représenté nu, en position de tir, la jambe droite repliée sous lui et la jambe gauche appuyée contre un rocher. Il tient l’arc dans sa main gauche, tandis que sa main droite tire sur la corde, non représentée.
Antoine Bourdelle étudie à l’École des Beaux-Arts de Toulouse, puis à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Il expose à partir de 1884 et entre comme praticien dans l’atelier de Rodin en 1893. Vouant une grande admiration à son travail, il reste travailler auprès de lui jusqu’en 1908.
L’œuvre prolifique de Bourdelle a abordé une grande diversité de genres, de techniques et de sujets. Marqué à ses débuts par la sculpture de tradition romantique et par l’influence de Rodin, il a ensuite développé un style très personnel, fondé sur une conception architecturale de la sculpture et sur une connaissance profonde de l’art grec archaïque et de l’art roman.
Héraklès archer est une de ses œuvres les plus connues et les plus reproduites. Exposée en 1910 au Salon de la société nationale des Beaux-Arts, la sculpture fait l’unanimité auprès du public comme des critiques.
Elle représente le 6e des douze travaux du héros antique, celui où il doit se débarrasser des oiseaux du lac Stymphale. Les terribles rapaces aux plumes acérées infestaient alors la région et se nourrissaient de chair humaine. Pour l’aider, Athéna lui confie des crotales, de petits instruments de percussion en bronze. Héraclès, les frappe l’un contre l’autre pour provoquer l’envol des oiseaux et leur dispersion. Il peut dès lors bander son arc de toutes ses forces et tuer ces monstres à l’aide de ses flèches.
L’homme ayant servi de modèle à cet Héraclès particulièrement athlétique est le commandant Doyen-Parigot, que Bourdelle a rencontré chez Rodin. Ce dernier ne voulant pas être reconnu, Bourdelle opte pour une stylisation du visage de plus en plus importante au fur à mesure des études. Il se rapproche ainsi progressivement des œuvres grecques archaïques : des yeux en amande, un profil droit avec le nez situé dans le prolongement du front et une chevelure courte et bouclée.
En tout, Bourdelle réalise 2 versions de son Heraklès.
La première date de 1909. Pour celle-ci, il réalise plusieurs études puis la sculpture dans sa dimension monumentale (2,50 m × 2,40 m) qui est fondue durant l’été 1909 par Eugène Rudier.
La deuxième version a été mise au point vers 1923. Elle diffère de la première par des rajouts de reliefs sur le rocher, représentant l’hydre de Lerne et le Lion de Némée. Enfin, un bandeau placé le long de la base de la sculpture et le monogramme de l’artiste conçu en 1921 viennent compléter l’œuvre.
Mais revenons à la première version de 1909. 8 études ont permis à Bourdelle d’aboutir à son œuvre finale. L’une d’entre elles correspond à notre moulage, mais laquelle ?
La présence du monogramme de l’artiste créé en 1921 pourrait être un indice mais on ne peut malheureusement pas s’y fier. Il arrive en effet que celui-ci ait été apposé sur des œuvres créées avant 1921 mais dont l’édition en bronze est postérieure.
Il ne peut s’agir de la première étude, où l’archer ne prend pas encore appui sur un rocher et a le pied dans le vide !
Dans la deuxième étude, bien que son pied repose bien sur un rocher, il n’a plus son arc !
Il ne peut pas non plus s’agir des 4 études suivantes (la n°3 à 6) où la tête de l’archer est encore très réaliste et n’a pas sa forme définitive archaïsante.
Par ailleurs, on remarque sur notre exemplaire dans la zone la plus étroite du rocher un aplat visant à renforcer cette partie plus fine de la sculpture. Cette caractéristique n’est présente que sur les études n°3 à n°7 et ne se retrouve pas sur la 8e.
Grâce à tous ces éléments et bien que les recherches soient encore en cours, il pourrait donc s’agir de la 7e étude du premier modèle datant 1909 mais comportant le monogramme de Bourdelle conçu en 1921 !
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