search

L’arc de palanquin

Arc de palanquin, vue générale 1

Arc de palanquin

Japon,

XIXe siècle

Fanon de baleine, corde, peau, rotin, bambou, métal, cuir, laiton

Dépôt du Musée franco-américain du château de Blérancourt, 1977

Inv. Dsa100.2

 

Cet ensemble comprenant un arc, 11 flèches et un carquois provient du Japon. Il s’agit d’un arc dit de « palanquin » qui provint d’un achat en vente publique effectué par le Musée franco-américain du château de Blérancourt, lequel a déposé l’ensemble au Musée de l’archerie et du Valois en 1977.

L’arc, de section rectangulaire plate et long d’une soixantaine de centimètres, est en bambou laqué rouge avec des décors peints de motifs floraux dorés. La poignée est marquée par l’utilisation d’un cuir marron entouré de deux ligatures en éclisse de rotin bicolore. L’arc est fabriqué en fanons de baleine et la courbure de ses branches est très marquée, en particulier aux extrémités.
Les flèches, au nombre de 11, sont également laquées rouge sauf au niveau de l’empennage où le laquage est doré. Des ligatures noires d’une extrême finesse marquent chaque extrémité de l’empennage mais également l’encoche taillée directement dans le bambou ainsi que la pointe. Dix de ces flèches possèdent une pointe de type perce-maille tandis que la dernière est de type Yanone ou Yajiri.

Le carquois est en cuir doré orné d’un décor de motifs floraux polychrome. Il est constitué d’une partie basse servant à enchâsser les pointes de flèches et d’une partie haute permettant de les maintenir aux deux tiers de leur hauteur. Ces deux parties sont reliées entre elles par un fanon de baleine laqué rouge sur les parties plates et doré sur les côtés. Sur ce dernier est fixé un passant en laiton.

Ce type d’arc a plusieurs noms : Kago Hankyo, Kago Hankyu, Haga Hankyu mais aussi Riman Kyu. Ce dernier nom s’explique par le terme kyu que l’on traduit par arc et Riman qui viendrait de Riman Hayaski, qui serait l’inventeur de ce type d’arc. Il viendrait de la province Kii au centre du Japon et aurait vécu durant l’époque d’Edo (1003-1868).

Ces arcs sont dits de palanquin car ils servaient aux notables à se défendre lorsqu’ils utilisaient une litière ou une chaise à porteur, souvent fermée et transportée à bras d’homme appelée « pallaku » en langue tamoul. Il n’était alors pas possible pour eux d’utiliser les grands arcs japonais classiques. Ces petits arcs pouvaient également être utilisés pour les loisirs, aussi bien par les hommes que par les femmes. La richesse de la décoration et le soin particulier apporté à l’ensemble prouvent qu’il s’agissait d’un arc de valeur, détenu par une personne d’un certain niveau social.

Ces arcs sont différents des grands arcs japonais dits « Yumi » faits de plusieurs lames de bambou. On peut certainement y voir l’influence asiatique par l’utilisation du fanon de baleine rappelant la corne, très utilisée dans les autres pays asiatiques à la même époque.

Les ensembles complets connus de ces arcs de palanquin comprennent toujours 11 flèches dont 10 de type perce-maille et 1 de forme différente, sans que nous parvenions à expliquer pourquoi.

 

Retrouver l’arc de palanquin sur YouTube !