La mise au tombeau

La mise au tombeau
XVIe siècle
Bois sculpté polychrome
Dépôt de la commune de Trumilly, 1973
Inv. D1973.6.2
Ce haut-relief daté du XVIe siècle se trouvait autrefois dans l’église Notre-Dame de l’Assomption à Trumilly jusqu’à son dépôt au Musée de l’archerie et du Valois en 1973. Il s’agit très certainement d’un autre élément de retable complétant Le lavement des mains détaillé précédemment. Cette œuvre, également en chêne polychrome, représente la Mise au tombeau. Cette sculpture est classée au titre des Monuments Historiques depuis le 25 janvier 1913.
Au premier plan, le corps de Jésus, marqué des stigmates, est allongé sur une estrade noire représentant son tombeau. Il est sur le point d’être recouvert d’un linceul par deux personnages se tenant de chaque côté. Soutenant sa tête, du côté droit, se trouve Joseph d’Arimathie, barbu, tête nue et vêtu d’une tunique courte et de bottes. À ses pieds, sur la gauche, Nicodème soutient le bas du linceul. Il est vêtu d’un grand manteau et d’un chapeau. A l’arrière se trouvent cinq personnages, quatre femmes et un homme. Le personnage central est Marie, mère de Jésus, dont les bras sont croisés sur la poitrine. Elle est soutenue par saint Jean, imberbe, qui passe son bras autour de ses épaules. À l’arrière-plan on aperçoit les trois saintes femmes, à savoir Marie Madeleine, Marie Jacobée, mère des apôtres Jacques et Joseph et Marie Salomé la femme de Zébédée. Tous ont le regard dirigé vers le visage de Jésus.
À la mort du Christ sur la croix, Joseph d’Arimathie demande à Ponce Pilate l’autorisation d’ensevelir le corps au plus tôt car selon la loi de Moïse, il est interdit qu’un cadavre reste exposé durant la nuit sans sépulture, a fortiori la veille du Sabbat. Après l’accord de Ponce Pilate, il récupère le corps pour aller l’enterrer dans le tombeau qui lui était à l’origine destiné. Selon les évangélistes, les versions diffèrent : pour Matthieu, Joseph d’Arimathie est accompagné des saintes femmes. Selon Marc, d’autres personnes non nommées accompagnent les trois femmes. Luc parle simplement de familiers et de femmes qui accompagnaient Jésus depuis la Judée. La version de Jean diffère grandement des autres car pour lui, Joseph d’Arimathie n’est accompagné que de Nicodème, un membre du Sanhédrin, présent uniquement dans cet Évangile. Il aurait aidé Joseph à entourer le corps de Jésus de bandelettes et non pas d’un linceul comme pour Matthieu, Marc et Luc. Ils l’auraient ensuite embaumé avec les 100 livres de myrrhe et d’aloès que Nicodème avait emmenées, soit 32,7 kg d’onguent !
Cette sculpture reprend une représentation très stéréotypée, caractéristique dès le XIVe siècle, des mises au tombeau où Joseph d’Arimathie est toujours représenté à la tête de Jésus tandis que Nicodème est à ses pieds, le tout sous le regard des saintes femmes. La Vierge Marie et saint Jean sont aussi souvent présents.
Cette sculpture en haut-relief montre des figures qui semblent sortir du fond sans s’en détacher, exception faite pour l’arrière-plan, où l’artiste a utilisé la technique du bas-relief pour représenter les pierres et un petit arbre qui servent de décor à la scène. La différence de taille permet une hiérarchie entre les différents plans de la sculpture.
Cet élément de retable a été présenté lors de trois expositions : Art sacré à l’église de Bouillant en juin 1966 alors que la sculpture était encore à Trumilly, lors de l’exposition Trésors du Valois au Musée de l’archerie et du Valois du 26 mai au 24 juin 1973, puis à la chapelle des Visitandines d’Amiens du 27 septembre au 15 décembre 1996 pour l’exposition Les images de l’eau (XIIIe—XVIe siècle).
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