Chape au pélican
France
XIXe – XXe siècles
Velours, lin, fils métalliques
Dépôt de la commune de Russy-Bémont, 1973
Inv. D1973.3.9
Cette chape du XIXe ou XXe siècle est un dépôt fait en 1973 par la commune de Russy-Bémont.
Elle est en velours de coton violet, doublée de lin noir et bordée d’un galon argenté. Au dos, le galon entourant le chaperon est orné de franges métalliques, ce qui met particulièrement en valeur le motif de la broderie centrale.
Au centre, une grande broderie représente un pélican blanc installé dans son nid. Autour de lui, des rayons dorés irradient grâce à une multitude de sequins. L’oiseau, aux ailes déployées, est mis en valeur par un contour de fil rouge. Il se pique la poitrine avec son long bec jusqu’à se la transpercer : fils rouges sur son poitrail symbolisant sa blessure.
Le pélican apparaît très tôt dans les écrits chrétiens : il est ainsi évoqué entre le IIe et le IVe siècle dans le premier bestiaire, appelé le Physiologos. Ce traité, qui mêle histoire naturelle et interprétations moralisatrices, raconte comment les petits pélicans, qui réclamaient très violemment de la nourriture, furent tués à coups de bec par leurs parents. Puis, comment, trois jours plus tard, ces derniers regrettant leur geste, se déchirèrent la poitrine pour arroser de leur sang le corps des oisillons qui ressuscitèrent miraculeusement.
Ce mythe trouverait son origine dans le fait que le pélican utilise une poche dans son jabot pour régurgiter de la nourriture afin de nourrir ses petits. Son interprétation chrétienne est explicitée par saint Augustin au Ve siècle. Il fait en effet un rapprochement entre Jésus qui nourrit les hommes de son corps et de son sang et le pélican qui ressuscite ses petits par son sang. Le pélican devient alors un symbole eucharistique puissant et son iconographie prend une grande importance au sein des symboles chrétiens.
En hébreu, le mot pélican vient de la décomposition du nom Abraham (ab = père et rarham = pélican), d’où la symbolique hébraïque qui fait d’Abraham le père pélican ou le père miséricordieux.
Chaque couleur utilisée sur les vêtements liturgiques a une signification précise permettant au fidèle de se situer concrètement au sein de l’année liturgique. Le violet de cette chape est la couleur du deuil, symbolisant la pénitence. De plus, la figuration d’un pélican sur un tel vêtement est un moyen d’évoquer la résurrection du défunt.
Il est également utilisé pendant l’Avent et le Carême.
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